La question que l’on pose toujours à la science-fiction, c’est de savoir si la machine est vivante. Les dix films qui composent cette collection retournent la caméra et demandent ce que dit de nous la réponse que nous lui donnons. Dans le premier volume, quelqu’un construit quelque chose, la chose construite revient se placer devant lui, et c’est celui qui l’a voulue qui passe l’examen : comment il la nomme, combien de temps il lui accorde, avec quelle hâte il décide qu’on peut la détruire. Dans le second, l’appareil démesuré — une réalité simulée, un trou noir, une langue qui s’écrit en cercle — existe pour placer une personne devant une décision du cœur qu’elle n’aurait jamais dû prendre autrement. Pour qui écrit, c’est le laboratoire de l’exposition : comment on établit un monde sans s’arrêter pour l’expliquer, combien de règles le public peut garder en tête, et comment on fait payer une grande idée en monnaie domestique.